Un Québec branché sur le monde

 Un projet du réseau Maillons

L’accès à Internet : un droit inaliénable

L’accès à Internet est devenu un droit dont tout humain doit disposer pour participer pleinement à la vie citoyenne. Les débats du Sommet mondial sur la société de l’information l’ont démontré; cette évidence est maintenant acceptée par la très vaste majorité des gouvernements du monde, aussi l’article 9 de l’Engagement de Tunis déclare-t-il :

Nous réaffirmons notre détermination à faire en sorte que chacun puisse bénéficier des possibilités que peuvent offrir les TIC, en rappelant que les gouvernements, ainsi que le secteur privé, la société civile, l'Organisation des Nations Unies et d'autres organisations internationales, devraient travailler ensemble pour améliorer l'accès à l'infrastructure et aux technologies de l'information et de la communication, ainsi qu'à l'information et au savoir, pour renforcer les capacités, accroître la confiance et la sécurité dans l'utilisation des TIC, créer un environnement propice à tous les niveaux, développer et élargir les applications des TIC, favoriser et respecter la diversité culturelle, reconnaître le rôle des médias, prendre en compte les dimensions éthiques de la société de l'information et encourager la coopération internationale et régionale. Nous réaffirmons que tels sont les principes fondamentaux qui permettront d'édifier une société de l'information solidaire, dont l'ébauche est esquissée dans la Déclaration de principes de Genève.

Les débats autour de l’accès tendent à se concentrer sur les problématiques des pays en voie de développement, occultant le fait que même dans les régions comme le Québec où le taux de pénétration de l’accès à large bande a cru dans les dernières années, une part importante de la population n’a toujours pas, en 2006, ni un accès large bande, ni les compétences pour utiliser l’Internet. Cette situation est inacceptable.

En privant les Québécois de cet accès au réseau des réseaux, nous limitons leur capacité de s’intégrer à la vie économique, politique et culturelle du reste du Québec — et de la planète. En laissant perdurer cette situation, nous fabriquons des exclus pendant que les Québécois branchés peuvent participer comme jamais à l’économie et à l’actualité planétaire. Cette disparité de moyens participatifs chez les Québécois, si elle n’est pas résolue, créera un fossé grandissant entre ceux qui sont branchés et ceux qui ne le sont pas, provoquant un dangereux déséquilibre sociétal d’autant plus dommageable que ce sont justement les populations actuellement les moins branchées qui ont le plus à gagner à utiliser l’Internet comme outil pour s’informer, se former et se développer.

Il est de notre devoir à tous, le gouvernement aussi bien que les citoyens, les entreprises et les institutions québécoises de se mobiliser pour combler ce fossé et fournir à tous nos citoyens des chances égales de participer, sur Internet, à la vie québécoise et à celle du reste du monde.

Il faut que 100% de la population québécoise dispose d’un accès large bande à Internet et qu’elle possède les moyens et les connaissances pour utiliser efficacement l’outil d’épanouissement le plus important de l’histoire de l’humanité. En effet, sans un accès égal pour tous les citoyens :

  • comment espérer un jour avoir en place une démocratie en ligne ?
  • comment prétendre que nous offrons à tous des chances égales d’emploi quand une bonne part du recrutement s’effectue en ligne ?
  • comment prétendre que tous nos citoyens ont les mêmes moyens de se former quand la formation s’effectue de plus en plus en ligne ?
  • comment espérer avoir des citoyens informés quand l’information réside de plus en plus sur Internet ?

Les freins à l’accès

Pourquoi la totalité de la population québécoise ne dispose-t-elle pas déjà de l’accès à Internet ? Les réponses sont multiples :

  • l’accès physique au réseau peut tout simplement ne pas être disponible — souvent, mais pas toujours, à cause de l’éloignement géographique ;
  • la population la plus pauvre ne dispose pas des moyens financiers pour acquérir un ordinateur et payer les frais d’une connexion large bande, ni pour acquérir les licences de logiciels commerciaux ;
  • une part de la population souffre de handicaps qui rendent difficiles l’utilisation d’Internet : handicap visuel, moteur, analphabétisme, etc. ;
  • pour un autre segment de la population qui a les moyens et la capacité d’utiliser Internet, c’est le manque d’intérêt qui agit comme frein.

Notre solution

Les dirigeants des associations sans but lucratif intervenant au Québec et réunis dans le groupe Maillons ont conçu un projet destiné à créer le plus grand chantier de connexion à Internet de l’histoire du Québec. Notre approche permet — et requiert — l’intervention coordonnée d’un essaim de groupes communautaires en région urbaine aussi bien qu’éloignée, la collaboration de l’entreprise privée autant que de bénévoles, et l’implication du gouvernement.

Notre objectif est de coordonner tous ces efforts de manière à mettre en place un modèle de connexion à Internet pour la population québécoise qui n’est pas encore branchée. Ce modèle sera viable sur le plan financier et réalisable sur un horizon d’une décennie.

L’initiative Un Québec branché sur le monde tient compte de tous les défis à surmonter pour connecter la totalité des Québécois à Internet. Il permet de connecter les citoyens en région éloignée. Il permet de mettre à la disposition des citoyens des outils logiciels libres et des solutions d’accès pour les populations handicapées et celles à faible taux de littératie. Il permet de mettre à la disposition des citoyens de l’information utile qui favorise leur développement. Il permet de distribuer aux moins nantis des ordinateurs gratuits. Enfin, nous sommes d’avis que l’ubiquité de l’accès à Internet ainsi déployée favorisera l’émergence d’une offre de services qui stimulera les citoyens rébarbatifs à intégrer l’utilisation d’Internet dans leur vie quotidienne.

Un Québec branché sur le monde permet de mobiliser tous les intervenants de la société autour du projet afin de fournir à tous nos citoyens des chances égales de participer à la société du XXIè siècle par le biais de l’Internet large bande.

L’ambition du projet Un Québec branché sur le monde est à la mesure de l’urgence avec laquelle nous devons prendre en mains le problème croissant du fossé numérique qui divise les citoyens et les citoyennes du Québec en deux classes : ceux qui participent et ceux qui sont relégués au rôle de spectateur.

Les projets passés destinés à connecter les Québécois à Internet ont déjà permis d’atteindre certains résultats, mais il faut aller plus loin. La perspective d’un Québec où tout le monde sera branché permet d’envisager une société où nous pourrons fièrement affirmer que tous nos citoyens et toutes nos citoyennes ont des chances égales de développer leur plein potentiel et de contribuer de manière positive à la société québécoise. Nous avons le devoir d’agir rapidement.

Submitted by Communautique on Mer, 2006-12-20 15:54.